Apprendre de l'artiste

"De l'art, nous avons à prendre de la graine" J. Lacan

  • Apprendre ?

    "(...) le seul avantage qu'un psychanalyste ait le droit de prendre de sa position, lui fût-elle donc reconnue comme telle, c'est de se rappeler avec Freud qu'en sa matière, l'artiste toujours le précède et qu'il n'a donc pas à faire le psychologue là où l'artiste lui fraie la voie" Jacques Lacan, Autres écrits, Hommage fait à Marguerite Duras, p192.
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Rencontre avec le peintre Claude Luca Georges

Posted by eduasca sur 19 septembre 2012

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QUE NOUS APPREND L’ART-THERAPIE ? Projection de films d’exposition. Rencontre-Débat avec François Granier CHU Toulouse

Posted by eduasca sur 7 juin 2012

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SHAME, un film de Steve McQUEEN

Posted by vrdriguez sur 17 février 2012

Posted in apprendre, artiste, Cinéma, corps, il n'y a pas de rapport sexuel, impératif de jouissance, impossible à supporter, modernité, obscènité, précarité symbolique, réel, sex-addict, Uns tout seuls, XXIe siècle | 4 Comments »

Grabigouji

Posted by vrdriguez sur 17 février 2012

Vient de paraître aux éditions Dilecta un petit ouvrage au titre énigmatique : « Grabigouji« , dédié par la cinéaste Brigitte Cornand « à Louise Bourgeois, mon amie« .

En quatrième de couverture, cartonnée, bleu tendresse, l’auteur relate brièvement l’affect présidant à la rencontre initiale :  » la première fois que j’ai sonné à la porte du 347 West de la 20e rue, je tremblais comme une feuille. Louise Bourgeois allait certainement décliner mon idée de faire un film sur elle. » Je reconnais ici l’émotion qui fut aussi la mienne lorsque en 1998 je sonnais à cette même porte (vous en trouverez l’ombre portée à la page 57 du recueil) pour solliciter un entretien. A la page 11, un énigmatique rébus figure LB « à la fois douce comme la laine et soudain aussi féroce que le capitaine Crochet ». Nous y voyons un crochet à demi dévissé sur un vieux contreplaqué, au dessous est écrit au crayon wools. Saisissant raccourci de la pensée par image, fulgurant aperçu de sa puissance évocatrice, voire curative comme l’évoque l’anecdote « Be Calm » (p 22).

Mais poursuit l’auteur, « bien au contraire ce projet marqua le début d’une longue et profonde amitié » dont témoigne le présent recueil, élaboré l’été 2010 et qui pourrait s’appeler « la vie de la disparition », soit ce qui palpite encore, bien après.

L’édition bilingue prend en compte la double appartenance de LB, française de naissance, américaine par son mariage avec Robert Goldwater, auteur de Artists on Arts que Louise considérait comme « the best » (p 38).

L’alternance de photos et de textes marque la prégnance de l’image dans le travail de la plasticienne comme dans celui de la cinéaste, mais aussi la place de la conversation ininterrompue entre les deux femmes, depuis les échanges triviaux ou culturels jusqu’au signe de reconnaissance amicale ponctuant chaque rencontre, ce grabigouji, entre nomination et onomatopée, pure jouissance jaculatoire, à la fois « nom de code… expression d’un désir… signal », évoquant lalangue que Lacan connote du hors sens, de l’archaïque condensation entre langage et pulsion.

Depuis plusieurs années, Louise actualisait tout un répertoire de comptines enfantines qu’elle aimait à interpréter, ou à faire interpréter. Je me souviens d’un après midi consacré à solliciter nos mémoires souvent plus approximatives que le sienne et de sa joie du souvenir. Cette prédilection pour la voix relaya, sans la supprimer, son attrait pour le regard, deux objets également présents dans le témoignage de Brigitte Cornand.

Les diverses prises de vues composent un auto portrait de l’artiste en vieille dame : visage en gros plan (dont une Louise endormie, en noir et blanc, ressemblant à Marcel Duchamp), accumulation de photos, de livres, de rubans, détails proches de l’installation (un flacon de parfum Shalimar, la photo d’une araignée, une décoration…), fragments d’inscriptions, inquiétantes contre plongées, clair-obscurs, contre-jours, ombres portées.

Tout un univers emblématique de l’oeuvre de Louise Bourgeois, avec sa coexistence de figuration et d’abstraction, de quotidienneté et d’étrangeté, de réalisme et de poésie, de présence et d’énigme.

Et que dire des couleurs! Dominante rouge des aquarelles, gris de l’oiseau sur le fond vert des frênes de la petite terrasse, polychromie de la table de travail, nature morte d’un évier de cuisine hors d’âge, éclat d’or des anneaux d’oreilles, transparence d’une dentelle de verre, ombre d’une araignée noire sur quadrillage bleu vif.

L’écart maintenu entre  texte et images évite  commentaire ou  paraphrase et protège une certaine illisibilité, nécessaire à proximité des mystères, celui de la création, celui de la disparition, et celui toujours actif de la mémoire vivante de ceux que l’on a aimé.

Christiane Terrisse

Décembre 2011

 

Editions Dilecta, 4 rue de Capri, 7512 Paris

www.éditions -dilecta.com 

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A propos de Gólgota Picnic : entretien avec Rodrigo Garcia

Posted by vrdriguez sur 17 février 2012

Golgota picnic s’est tenu à Toulouse du 17 au 20 novembre 2011 au théâtre Garonne à Toulouse. Pendant les représentations, plusieurs organisation fondamentalistes chrétiennes manifestaient à l’extérieur du théâtre. Pus que jamais, Rodrigo Garcia démontre en acte la fonction de la création théâtrale dans la société laïque. Son écriture et la force de son spectacle démontrent à qui veut s’y confronter qu’il est un metteur en scène à la hauteur des questions de l’époque. Rodrigo Garcia a accepté de se prêter à une petite conversation après la représentation du dimanche 20 novembre.

Nous remercions chaleureusement Jacky Ohayon pour nous avoir accueilli au théâtre Garonne et avoir facilité la rencontre avec Rodrigo Garcia. L’entretien s’est déroulé sur la terrasse du théâtre et a été mené par Christiane Terrisse, Victor Rodriguez et Eduardo Scarone (ADA  pour : séminaire Apprendre De l’Artiste).

  • ADA: Pour commencer, peut-être pourriez-vous nous dire quelques mots de la façon dont vous situez ce spectacle dans l’ensemble de votre œuvre ?

  • Rodrigo Garcia : Eh bien, vous voyez, chaque œuvre est différente. C’est un moment diffèrent de ma vie, et aussi un moment différent dans mon expression artistique. Pour ce spectacle, j’avais très envie de revenir à la littérature, pour donner plus d’importance à la parole sur scène. J’ai toujours donné beaucoup d’importance à la parole, plus précisément, au travail sur les textes. Ce qui se passe bien souvent, c’est que l’aspect visuel, performatif, le jeu de l’acteur l’emportent. Cette fois-ci, j’ai renoncé à beaucoup de choses pour mettre au premier plan la littérature.

  • ADA : Et l’idée du spectacle est venu comment ?

  • RG : À partir de mon intérêt pour la Bible. J’ai toujours aimé la Bible, c’est un livre passionnant. Je voulais travailler sur la figure du Christ, sur le texte de la Bible.

  • ADA : Avez-vous une formation religieuse ?

  • RG : Oui, j’ai été à l’école avec les curés.

  • ADA : Ah… comme nous tous ! (rires)

  • RG : Oui, j’allais à la messe et toutes ces choses là.

  • ADA : Jusqu’à quel âge ?

  • RG : jusqu’à dix-huit ans, c’est à dire, beaucoup, beaucoup !

  • ADA : En Argentine ?

  • RG : Oui, bien sûr en Argentine, j’en suis parti à l’âge de 22 ans.

  • ADA : Pour des raisons politiques ?

  • RG : Non, à mon époque toute cette histoire était finie. J’ai vécu tout ça adolescent, mais c’était déjà le début de la démocratie avec Raul Alfonsin.

  • ADA : Quelle a été votre recherche sur ce sujet ? Vous avez commencé par travailler sur les textes religieux ?

  • RG : Eh bien au début, je voulais travailler avec un théologien. Et nous avons commencé. Mais, très vite, quand il a vu la direction que prenais mon travail, il m’a dit qu’il ne voulait pas continuer, qu’il n’était pas d’accord. Du coup, je suis resté seul. Et, finalement, ça été le prétexte pour mes propres recherches philosophiques, vitales. En quelque sorte, choisir le thème de la religion, un thème aussi vaste, aussi ample, c’est un prétexte pour parler de mes propres questions, mes problèmes : la solitude, l’amour, est-ce qu’il est possible ou pas de vivre ensemble, est-ce qu’il est possible ou pas de nous aimer les uns les autres, savoir si c’est vrai, si cela existe, si on peut vivre ensemble. Ce sont beaucoup de questions pour lesquelles, naturellement, je pouvais me servir de la figure du Christ.

  • ADA : Oui, mais, votre spectacle dit qu’il y a quelque chose qui échoue dans la religion, comme discours, pour que chacun puisse s’orienter dans le monde, dans la vie.

  • RG : Absolument, parce que je pense que le salut est en chacun de nous. Voyez-vous, le salut, … c’est à dire, au fond ce n’est pas à proprement parler le salut. Il s’agit de tenter d’avoir une vie … comment dire ?, bienveillante ! Oui c’est cela ! C’est avoir une vie bienveillante, une vie sociale. C’est une question d’éthique personnelle. Il ne faut pas faire appel à une religion.

  • ADA : Même si nous sommes un peu formatés par ce que nous a légué la religion, ce qui de la religion est inclus dans la culture.

  • RG : Oui, mais je trouve ça malhonnête s’il faut aimer quelqu’un parce qu’on te l’impose de l’extérieur, n’est-ce pas ? Je souhaite aimer quelqu’un parce que c’est un réel besoin pour moi, parce que je le sens et qu’il faut que ce soit comme ça. Ne pas faire le mal à quelqu’un, pas parce qu’on me l’impose, mais parce que je le sens comme ça.

  • ADA : Le pianiste nu sur scène est une image très forte. Est-ce le petit homme nu tombé sur terre et qui se cramponne à l’art pour se soutenir ?

  • RG : Je n’avais jamais pensé à ça. J’aime bien l’interprétation que vous proposez. Quand nous avons travaillé sur cette œuvre « Les sept dernières paroles du Christ » de Haydn, j’ai trouvé cette œuvre si spirituelle, si fragile, tellement pleine de silences, qu’il m’est apparu normal de la jouer nu. Cela me paraissait presque plus normal de jouer cette musique nu plutôt qu’habillé. Voir l’homme, voilà ! Voir l’homme. Il y a aussi la façon de jouer du pianiste (Marino Formenti). Il travaille sur le piano avec quelque chose d’animal, voyez-vous ? Il est comme une sorte d’animal. Cela me rappelait les tableaux de Fra Angelico, et d’autres antérieurs à la Renaissance. Ces tableaux de l’enfer, dans lesquels on trouve souvent des animaux étranges qui dévorent des gens à poil. Le piano m’est apparu être comme un animal qui était en train de manger Marino, il y avait quelque chose de la vision de l’enfer de Bosch.

  • ADA : Le choix des couleurs bleu et orange …

  • RG : Les couleurs, c’est une contingence. Vous faites référence à la peinture sur les corps ?

  • ADA : Oui, les peintures sur les corps coïncident avec les zéniths qui ont aussi ces couleurs.

  • RG : Ah oui, ce sont deux choses différentes. Pour la peinture, la pièce fait référence à l’iconographie, aux grands peintres, et donc cela me paraissait logique de travailler avec de la peinture sur les corps. Pour ce qui est des couleurs, nous avons pris ce qui techniquement fonctionne le mieux. Je n’ai pas eu le choix. Nous avons utilisé les couleurs qui adhéraient le mieux à la peau.

  • ADA : Ce sont des couleurs qui produisent des contrastes.

  • RG : C’est un problème technique avant tout. Ensuite, quant à l’éclairage, ça c’est très amusant, parce que ça tient à ma relation avec mon éclairagiste. Le travail avec la lumière dans mes créations constitue pour moi la moitié ou plus de mon art. Cela fait 24 ans que nous travaillons ensemble, nous ne parlons jamais. Je ne dis jamais rien, il fait ce qu’il veut, il est totalement libre ! Il voit la pièce et il fait ce qu’il veut. Qu’est-ce qui pousse Carlos à choisir ces couleurs ? Franchement, je n’en sais rien, et je ne lui pose jamais la question parce que nous ne voulons pas rompre le mystère de cette liberté de faire ce que nous avons envie de faire. Et, il complète mon travail plastique, enfin, disons, qu’il le complète bien, sinon cela n’aurais pas autant de sens.

  • ADA : Au début de la pièce, on voit le sexe de la femme. C’est « L’origine du monde » ?

  • RG : Ah, non, ça c’est vraiment une bêtise, un clin d’œil au film « Basic instinct ». Mais dorénavant, si on me demande ce que cela signifie, je dirai ce que vous venez de me dire : Bien sûr !, c’est « L’origine du monde ». Parce que si je dis que c’est une bêtise, je vais être ridicule.

  • ADA : Quand le public voit cette image de « L’origine du monde », personne ne rit, en revanche, quand on voit le pénis, tout le monde rit !

  • RG : Oui, c’est vrai, et pourquoi d’après vous ?

  • ADA : parce que le pénis est toujours comique. Par contre, la représentation du sexe féminin comporte une dimension angoissante. C’est un autre contraste présent dans votre pièce. La réaction du public n’est pas la même. Ce n’est pas du tout une bêtise ! C’est plutôt une trouvaille … Que pouvez vous nous dire à propos du choix des aliments, pas seulement les pains disposés au sol, mais les légumes, les fruits ?, cela rappelle Archimboldo.

  • RG :Oui, c’est exact, c’est très Archimboldo. Mais sincèrement, c’est une ressource théâtrale. Je voulais … comment dire ? Faire des masques pour les acteurs. Je ne voulais pas que l’on voit les acteurs mais qu’on voit des masques. Les légumes ont été une façon de créer des masques.

  • ADA : Et les vomissements, ce n’est pas une bêtise ça ?

  • RG : Non, bien sûr. Ces vomissements accompagnent un texte très particulier dit par les acteurs à ce même moment. C’est un texte qui évoque les affaires politiques, et la participation des politiques à la société de l’opulence, par contraste avec les sociétés de la misère du tiers monde. Et en effet, cela va de soi d’accompagner un propos vomitif par une image vraiment vomitive.

  • ADA : Il y a un dialogue entre les performances des acteurs et le texte. Notamment une scène où les corps s’entrelacent, s’entremêlent et simultanément deux personnages jouent une scène de confession. Le spectateur est porté à faire un choix entre regarder les corps ou écouter la confession. C’est un contraste fort. Comme s’il y avait un choix à faire entre entendre le texte et se divertir avec les scènes mimées.

  • RG : Oui, je n’aime pas atteindre le fait dramatique d’une manière conventionnelle ou orthodoxe. La manière orthodoxe est celle qui fait que l’acteur qui parle est celui qui porte le fait théâtral. Pour ma part, je préfère que l’acteur qui parle soit un peu froid, un peu distant, et qu’au même moment se déroulent des choses qui donnent au texte un autre sens. Comme lorsque Nuria parle et que les autres acteurs construisent cette tour de Babel avec des hamburgers remplis de vers de terres vivants. C’est très important pour moi de toujours créer une image qui complète le texte.

  • ADA : Comment vous est venu l’idée du titre, Golgota picnic, dés le départ ou à la fin ?

  • RG : Le titre est arrivé à la fin du travail. Au début, je voulais donner au spectacle le titre de la pièce de Haydn « Les sept dernières paroles du Christ » en modifiant « paroles » par « mensonges ». Je voulais donner comme nom à la pièce « Les sept derniers mensonges du Christ sur la croix ». Puis finalement, je me suis aperçu que le titre n’avait aucun sens par rapport à la pièce et, le dernier jour, avant la première, j’ai changé pour « Golgota picnic ».

  • ADA : … et picnic c’est en raison de tous ces aliments que vous présentez. Et c’est aussi le picnic avec le corps et le sang du Christ, comme dans la communion chrétienne « ceci est mon corps, ceci est mon sang ». C’est la nourriture et la croyance en la transfiguration.

  • RG : Tout à fait. Mais, il y a aussi un versant un peu voyou. J’aimais cette idée de désacraliser le Golgota, d’en faire un lieu banal de picnic.

  • ADA : On ne peut pas en dire autant de ces gens qui sont là dehors chantant des cantiques et des hymnes patriotiques

  • RG : Oui en effet, ils n’ont aucun sens de l’humour !

  • ADA : C’est un contraste très fort entre la musique de Haydn à l’intérieur et les chants répétitifs, qui deviennent vulgaires, à l’extérieur du théâtre. Les spectateurs entendaient ces chants pendants que Marino Formenti jouait du piano.

  • RG : Quelle folie, vous ne trouvez pas ? Pour les gens qui veulent voir le spectacle tranquillement et qui ont payé leur places, ce sont eux qui commettent un authentique abus ! Un abus contre la liberté des gens qui ont payé leur place.

  • ADA : cela donne encore plus de spiritualité à votre texte. A ce propos, votre texte, comment l’avez-vous écris ? C’est un texte qui existait déjà ou que vous avez écrit pour la pièce ?

  • RG : Je l’ai écrit au fur et à mesure. J’ai pour habitude d’écrire pendant que nous répétons. Dans le texte qui a été publié, j’ai écrit un petit prologue où j’explique un peu la confection du texte. Vous avez le livre ?

  • ADA : pas encore.

  • RG : Là je m’explique et c’est amusant ce que j’en dis, en plus c’est authentique.

  • ADA : merci beaucoup.

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Et le fer s’est détraqué, par Fanny Delon

Posted by vrdriguez sur 4 novembre 2011

Á propos de l’Abattoir, au Théâtre de la Violette, de et avec Delphine Alvado et Anne Bourges

Je vais le faire … Et le fer s’est détraqué après que Christine Papin a repassé les quatre chemises de Monsieur.

On a rien fait de mal disent Christine et Léa

Madame a compté les sucres, rapporte Léa, elle a compté les sucres…Elle croit qu’on les a volé !

On a rien fait de mal ! crient les deux sœurs dans l’absence de Madame et de Mademoiselle.

Les deux femmes se touchent, elles se regardent, elles sont si proches, dans la chambre de bonne qu’elles partagent, elles se rassurent, se caressent, se bousculent, elles ressassent ensemble :

on a rien fait de mal !

Elles se regardent, elles se recoiffent, elles regardent le portrait d’elles qu’elles ont fait encadré : elles sont fières des crans de leur coiffure, des broderies de leur décolleté, on dirait des dames.

Dans leur chambre de bonne, les deux sœurs rêvent de chapeaux, de gants en zibeline pour aller à la messe… mais elles se cognent aux 5 francs que madame va retenir sur leur gage parce que le fer est détraqué.

Léa en rajoute, elle dit à sa sœur que Maman Madame l’a regardé bizarre, parce qu’elle avait une petite tâche sur son tablier : On a rien fait de mal !

La scène est remplie de journaux, de revues, de cartons. Delphine et Anne, les deux actrices, rêvent de comprendre Christine et Léa, les deux sœurs : elles lisent les articles, les revues, les comptes-rendus, les minutes, les rapports, elles consultent les archives, elles parcourent des magazines, et aussi des livres, des témoignages sur la Boucherie, entre Ragot et Vérité

Un fou rire les dégage du rapport médico-légal inélaborable : le marteau, les mains, les yeux, le pot, les crânes, les yeux, le sang, les couteaux, l’œil, l’escalier…

Le fer est détraqué… tremble Christine en astiquant l’argenterie de Madame, en grignotant le pain dans sa chambre de bonne : je vais le faire..

Madame n’aurait pas du retenir 5 francs sur leur gage, elles auraient pu acheter deux paires de gants en zibeline pour aller à la messe, elles auraient pu se faire tirer un nouveau portrait chez le photographe avec des chapeaux, comme des dames.

Delphine et Anne jouent à être des dames, elles n’ont qu’un gant chacune pour jouer aux dames, loin de la chambre de bonne.

On a rien fait de mal ! Léa regarde sa sœur, y voit la rage, s’emplit de cette force inaboutie. Madame l’a repoussée, Léa, avec sa petite tâche sur le tablier : j’ai pas eu le temps de me changer, elle m’a regardé bizarre, elle ne m’a pas parlé

Christine-Delphine explose sa rage sur les papiers, elle déchire, elle écrase, elle démantèle les revues, les journaux, elle déchire, sa sœur la regarde, Anne la regarde.

Le rapport médico-légal du psychiatre a déclaré que Christine et Léa Papin étaient vierges, saines de corps et d’esprit.

On a rien fait de mal !!! hurlent les deux sœurs dans l’absence de Madame et de Mademoiselle. Elle m’a regardé bizarre.

Et les plombs ont sauté, on n’y voit plus rien, elles n’y voient plus rien

Les plombs ont sauté, Christine assomme Madame qui ne devait pas repasser, elle écrase la bouche qui ne lui fera plus d’observations, elle enlève les yeux qui ne verront plus les petites tâches, elle coupe l’oreille et n’entend plus les reproches,

Léa fait comme sa sœur avec Mademoiselle.
Elles regrettent, le fer s’est détraqué… les plombs ont sauté..

Elles ne savent plus si elles regrettent. Madame et Mademoiselle ne devaient pas repasser, le fer se détraquer, les plombs ne devaient pas sauter.

Sur cette scène du Théâtre de la Violette, Delphine Alvado et Anne Bourgès nous ont ramenés dans la chambre de bonne des sœurs Papin, en 1933, tout près de Christine et de Léa, et leur Acte, repassé encore une fois devant nos yeux , nous laisse toujours sans voie.

Fanny Delon, Toulouse, octobre 2011


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Bord de scène « L’abattoir » théâtre de la violette le 21 octobre 2011

Posted by eduasca sur 13 octobre 2011

L’Association de la Cause freudienne vous invite à la prochaine séance 
du Séminaire Apprendre de l’Artiste

au THEATRE DE LA VIOLETTE

BORD DE SCENE
animé par Christiane Terrisse, Victor Rodriguez et Eduardo Scarone

L’ABATTOIR

Le 2 février 1933, Christine et Léa Papin, domestiques chez les Lancelin, assassinent sauvagement et sans raison apparente, leurs patronnes.
Aujourd’hui, sur le plateau, deux comédiennes s’immergent dans les archives de l’affaire, explorent la relation complexe des deux sœurs criminelles et visitent la frontière ténue qui lie les actrices à leurs personnages. »
« Delphine Alvado et Anne Bourgès parviennent à une alchimie harmonieuse et captivante, elles sont capables d’émouvoir, d’effrayer mais aussi de faire rire, entre fait divers sordide et imaginaire collectif »
Venez découvrir l’affaire mystérieuse des Lancelin,
explorée par Delphine Alvado et Anne Bourgès
Eduardo Scarone
4 route de Revel
31400 Toulouse
scaronedu@orange.fr
0688517947

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Une séparation

Posted by vrdriguez sur 23 août 2011

Prochaine séance du séminaire consacrée au film d’Asghar Faradhi Une séparation

Le vendredi 16 Septembre 2011 au cinémas l’ABC, 13 rue Saint-Bernard, 31000 Toulouse

Consultez le synopsis 

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Les oiseaux rouges – un film de Brigitte Cornand

Posted by eduasca sur 15 mars 2011

cliquez sur l’affiche pour l’agrandir

Association de la Cause freudienne Midi-Pyrénées

Séminaire Apprendre de l’Artiste

« Les oiseaux rouges » un film de Brigitte Cornand
cinéma ABC – le jeudi 17 mars à 21h
Chacune des 14 artistes rencontrées par Brigitte Cornand livre une part intime d’elle-même, de son rapport à l’art, de son parcours singulier vers ce qu’elle est devenue.
C’est en observant les oiseaux dans Central Park que lui vient l’idée de son dernier film, dans lequel elle met en vedette toutes ses amies artistes : Louise Bourgeois, Kiki Smith, Geneviève Cadieux, Annette Messager, Carolee Schneemann, June Leaf, Nicola.L, Pat Steir, Nancy Holt, Mary Miss, Gloria Freidmann, Joan Jonas, Gwenn Thomas, Martha Rosler.
Ayant débuté sa carrière sur Canal + dans les années 1980, Brigitte Cornand s’installe à New York après une rencontre décisive avec Louise Bourgeois quelques années plus tard.
Son film est sorti aux Etats Unis il y a un an, au Anthology Films Archives.
Il s’agit d’une création singulière, une oeuvre surprenante à découvrir.

Après la projection, en présence de Brigitte Cornand, Christiane Terrisse, psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause freudienne, animera un échange avec les personnes présentes dans la salle.

Le Séminaire Apprendre de l’Artiste avait déjà eu l’occasion de présenter le film que Brigitte Cornand a consacré à Louise Bourgeois « La rivière gentille » en février 2010 au Musée des Abattoirs, en présence de la cinéaste (voir la publication sur ce même blog).

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Harry Crews – Eveillé dans un cauchemar Nothing but a nigthmare

Posted by eduasca sur 22 janvier 2011

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