Apprendre de l'artiste

"De l'art, nous avons à prendre de la graine" J. Lacan

  • Apprendre ?

    "(...) le seul avantage qu'un psychanalyste ait le droit de prendre de sa position, lui fût-elle donc reconnue comme telle, c'est de se rappeler avec Freud qu'en sa matière, l'artiste toujours le précède et qu'il n'a donc pas à faire le psychologue là où l'artiste lui fraie la voie" Jacques Lacan, Autres écrits, Hommage fait à Marguerite Duras, p192.
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Archive for the ‘valeur de l'humain’ Category

Une séparation

Posted by vrdriguez sur 23 août 2011

Prochaine séance du séminaire consacrée au film d’Asghar Faradhi Une séparation

Le vendredi 16 Septembre 2011 au cinémas l’ABC, 13 rue Saint-Bernard, 31000 Toulouse

Consultez le synopsis 

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Posted in apprendre, Cinéma, Enfant, femme, impossible à supporter, modernité, nom-du-père, père, précarité symbolique, valeur de l'humain | 2 Comments »

Projection-Débat « LA ROUTE » de John Hillcoat

Posted by eduasca sur 23 février 2010

La catastrophe a eu lieu. Dans un monde dévasté, couvert de cendres, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte l’odyssée de ces deux personnages dans son récit dépouillé à l’extrême. Prix Pulitzer 2007, La Route s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires aux Etats-Unis. Il a été publié en France aux Editions de l’Olivier.

John Hillcoat est né en 1961 dans le Queensland (Australie) et a grandi à Hamilton, Ontario (Canada). Dans sa jeunesse, ses tableaux ont figuré dans l’Art Gallery of Hamilton. Il a beaucoup travaillé avec Nick Cave et avec le groupe Depeche Mode. Son film, La Route, adaptation du roman de Cormac McCarthy a été présenté en 2009 au Festival du Film de Toronto.

John Hillcoat (deuxième en partant de la droite) avec les comédiens de La Route

Cormac McCarthy est né à Providence (Rhode Island) en 1933. Couronnée par le National Book Critics Circle Award et le National Book Award, son œuvre est considérée aujourd’hui comme l’une des plus marquantes de la littérature américaine contemporaine.

« Autrefois il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immobiles dressées dans le courant couleur d’ambre où les bordures de leurs nageoires ondulaient doucement au fil de l’eau. Elles avaient un parfum de mousse quand on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élastiques. Sur leur dos il y avait des dessins en pointillé qui étaient des cartes du monde en son devenir. Des cartes et des labyrinthes. D’une chose qu’on ne pourrait pas refaire. Ni réparer. Dans les vals profonds qu’elles habitaient toutes les choses étaient plus anciennes que l’homme et leur murmure était de mystère. »

Cormac McCarthy

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RIEN DE PERSONNEL : Quel programme!

Posted by eduasca sur 23 octobre 2009

Le cinéma Le Cratère à Toulouse a invité des psychanalystes de l’Ecole de la Cause freudienne à la projection du film de Mathias Gokalp, le jeudi 22 octobre 2009 à 20h45. Cette invitation fait suite à une collaboration étroite avec le cinéma depuis plusieurs années dans le cadre du Séminaire « Apprendre de l’Artiste » à l’initiative de Christiane Terrisse et inscrit parmi les activités de l’Association de la Cause freudienne Midi-Pyrénées. Un débat très riche a eu lieu ensuite, animé par Christiane Terrisse, Florence Nègre et Eduardo Scarone, avec tous ceux qui ont voulu y participer, dans une salle comble. Remercions ici M. Yves-Claude Marie, directeur du cinéma Le Cratère pour sa chaleureuse invitation.


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18905621&cfilm=140331.html

« Inspirer la folie en gardant la raison »♫♪

Le programme promu par le discours actuel de l’évaluation est acéphale. Chacun le met en œuvre, mais il semble conduit par l’intention de personne. Il balaye le temps qu’il faut pour comprendre au profit d’une anticipation des résultats, sans qu’aucune conclusion ne puisse advenir. Inscrit désormais dans la vie quotidienne des entreprises humaines, un tel programme exige des protocoles de bonne pratique, des surveillances réciproques, des manipulations calculées, des trahisons fratricides. Le ravage que ce programme produit est celui qui compromet le sujet dans le processus de sa propre éviction, soit une abjection, ou, pour emprunter l’élégance caustique de Mathias Gokalp, une « sommation irrespectueuse » (Cf. texte de Vicomte Victor-Marie Hugo mis en musique par Alexis-Emmanuel Chabrier). Son premier long-métrage, « Rien de personnel » (France 2009), nous introduit dans la scène même de ce huis clos infernal dans lequel chaque sujet sombre à sa manière. Pas de sens à trouver dans le travail, chacun s’évertue simplement à tenter de défendre sa place, son poste, avec les armes pipées du programme lui-même. Au fond, il s’agit bien de jouer une drôle de comédie funeste.
« Je préfère l’ironie au cynisme, et j’aime les films qui sont généreux avec les personnages. » (M. Gokalp, Tchat Libération.fr du 29 septembre 2009)
Le film, construit de façon originale en plusieurs séquences qui répètent le déroulement d’une même soirée proposée par une entreprise pharmaceutique à ses cadres, questionne directement la subjectivité de chacun. Il interroge la manière dont le récit véhiculé par les images produit un effet de leurre, de partialité. « Le monde de l’entreprise où l’individu est «atomisé» me semblait réclamer un traitement du récit qui met en cause la subjectivité traditionnelle. » (M. Gokalp, Tchat Libération.fr du 29 septembre 2009) dossier de presse

Il s’agit concrètement d’un défi pour le psychanalyste de se situer, et d’inventer sa pratique, dans ce monde envahi par le pur semblant. Il ne le peut qu’en faisant valoir encore l’intransigeante subversion propre au sujet à une époque où la consommation l’emporte sur tout autre valeur. Le psychanalyste du XXIe siècle ne peut s’avancer qu’avec les armes que J. Lacan a forgés, dans une intuition guidée par la lecture attentive qu’il faisait de notre modernité, qui réduit la valeur de l’humain et prône l’interchangeabilité possible de chacun, considérée du seul point de vue du rôle qu’il joue. La logique du chiffre, produit l’affolement d’un dispositif évaluateur de ce qui est appris, rangé, de ce qui stagne dans la connaissance. Il s’agit d’une religion du bonheur qui produit le malheur par le séquençage des conduites humaines et l’entraînement visant à la recomposition, au réangencement de ces conduites au profit exclusif d’une bonne performance de l’entreprise. Quant au psychanalyste, il ne peut se tenir dans cette époque qu’en affirmant une pratique de l’interprétation qui ne vise pas une rectification comportementale (comme le dressage violent du coatching le prône, admirablement incarné dans le film par Jean-Pierre Darroussin), mais une rectification subjective. Cette voie, emprunte à la logique même de la production d’un psychanalyste les coordonnées qui lui permettent de s’appuyer sur ce qui s’acquiert de ce qui change, une rectification produite par le fait d’entendre chez chacun le rendez-vous qu’il a avec sa propre singularité.

« Le sujet du film m’a été inspiré par des amis comédiens qui, pendant leur période de chômage, coachaient des cadres d’entreprises. Ce qui m’intéressait dans leur récit, c’était de voir ces comédiens au statut précaire, souvent très mal payés, qui affrontaient des cadres mieux payés qu’eux, mais victimes d’un type différent de précarité. » (M. Gokalp, Tchat Libération.fr du 29 septembre 2009)

« Rire étant si jolie,
C’est mal. Ô trahison
D’inspirer la folie,
En gardant la raison ! »

Texte de la « Sommation irrespectueuse » : Vicomte Victor Marie Hugo (1802 – 1885) (premier quatrain)
Mise en musique : Alexis-Emmanuel Chabrier (1841-1894)

« Toute évaluation est un contrat de confiance. Le contrat, c’est ici : « Élaborons ensemble la méthode de ton évaluation. » Quand le signifiant de l’Autre se pose comme la loi, vous pouvez vous révolter contre, mais quand on vous entraîne dans le contrat de confiance – et comment résister à celui qui dit : « Je ne te veux aucun mal, je te demande seulement de me communiquer le texte de ce que tu peux dire de toi-même, tu seras pesé selon le critères que toi-même auras définis » – quand on réussit à compromettre le sujet dans le processus de sa propre exclusion, quand on l’aveugle ainsi sur ce qu’on lui soustrait, alors c’est l’abjection. »
Voulez-vous être évalué?  Entretiens sur une machine d’imposture.
Essai.
Jacques-Alain Miller & Jean-Claude Milner
Coll. Figures – Grasset & Fasquelle éditeurs
mai 2004

Eduardo Scarone
novembre 2009

Réactions à la sortie du film :

http://www.dailymotion.com/video/xaao1v_reactions-a-la-sortie-de-rien-de-pe_shortfilms

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